RÉPERTOIRE
DE LA SCÈNE FRANÇAISE
«"'ANNÉE
FLORE
ET ZÉPHIR
BRUXELLES
Jf -A LKLONG, IMPRIMRVR
LIBRAIRE DES THÉÂTRES ROYAUX
RUE DES PlfcUKE 70
AU THEATRE ROYAL DL LA MONNAIE
1855
FLORE ET ZÉPÏÏIR,
OPÉRA-COMIQUE EN UN ACTE.
Archives de la Viiie de Bruxelles
ArchiefvandeStadBrusset
FLORE et ZÉPHIR
OPÉRA- COMIQUE EN UN ACTE
PAR MM. DE LEIiVEN ET CH. DESLYS
MUSIQUE DE M. EUG. G A UT1ER
Représenté, à Paris, au Théâtre Lyrique, le 2 octobre 1853
ÉDITION AUTORISÉE POUR LA BELGIQUE.
BRUXHLLES
IMPRIMERIE 1>E J.-A. LELONKP
LIBRAIRE DES THEATRES ROYAUX,
RUE DES PIERRES, 76,
ET A0 THÉÂTRE ROYAL DE LA MONNAIE.
PERSONNAGES.
M. VERBOIS M. Leroy.
Mma VERTBOÏS. M«« Vadé.
MARIETTE, leur nièce. M»« Gujchard.
SATURNIN. M. Ribes.
La scène se passe chez M, Vertbois, à Monlargis.
FLORE ET ZÉPHIRE
OPÉRA-GOMIQUE
Le théâtre représente un petit salon. — Fenêtre au fond.—
Une porte à droite. — Deux autres portes latérales. — A
gauche, une table couverte d'un tapis. — Une vieille ar-
moire gothique.
SCENE PREMIERE.
MARIETTE seule
Au lever du rideau, M. et M»»eVerbois appellent chacun trois
fois de sa chambre
Mariette! Mariette! Mariette!
Mariette entre.
Mme vertBOIS
Mariette! mais répondez-moi donc, mademoiselle.
6
Mariette à droite
Me voici, ma tante.
VERTBOIS
Mariette, mes manchettes de dentelle!
Mariette à gauche
Je les ai mises sur le guéridon, mon oncle!
nme VERTBOIS
Mariette, ma boite à mouches!
MARIETTE
Devant vous... sur la cheminée, matante. Je ne sais
auquel répondre... Quelle toilette font-ils! Où vont-ils
donc ce soir? (On joue au dehors de la clarinette sous
la fenêtre) Ah! mon Dieu! En voici bien d'une autre!
La clarinette de Saturnin! Mais ils vont l'entendre!...
Heureusement, ma tante met son rouge... et mon oncle
est absorbé dans l'arrangement de sa perruque... ils en
ont encore pour longtemps.
SCÈNE H.
MARIETTE, SATURNIN passant la tête par la porte
de droite qu'il entr'ouvre
SATURNIN
Peut-on entrer?
7
MARIETTE
Quelle imprudence! Non, monsieur, on n'entre pas»
saturnin venant sur le devant de la scène
Eh bien! je m'en vas...
MARIETTE
Mais, monsieur, i) me semble que vous venez, au
contraire.
SATURNIN
Pour vous dire que je m'en vas! (// fuit deux pas et
s'arrête, puis s'anïmanl) Eh bien! non, au fait... non!
je ne m'en vas pas! je reste! tant pire! ça m'est égal...
j'ai besoin de vous voir! d'épancher mon cœur! d'ar-
ticuler des mots d'amour! de vous dire que ça ne peut
plus durer comme ça! que nous séchons sur pied tous
les deux... mon instrument et moi! qu'il n'a plus d'âmet
que je n'ai plus de soude, que nous faisons dos couacs,
dignes d'un trio d'aveugles... et que c'est déshonorant
pour la première clarinette de Montargis.
MARIETTE
Taisez-vous! Taisez-vous donc! On pourrait vous
entendre.
SATURNIN
Qui ça? vos ancêtres? Eh bien! tant mieux! décidé-
ment, je me décide... et je vais officiellement leur de-
mander votre main.
MARIETTE
Mais vous ne savez donc pas?...
8
SATURNIN
Je sais que M. et Mœe Vertbois m'ont entendu avec
quelque satisfaction au festival où nous nous rencontra-
mes, pour la première fois, ô Mariette! Je composais à
moi seul tout l'orchestre!., je me souviens parfaitement
qu'ils sont venus me complimenter tous les deux à pro-
pos de mon embouchure... et j'espère qu'ils seront
flattés.
MARIETTE
N'espérez rien!... en fait de musique, ils n'estiment
que celle des écus de six livres.
saturnin
Eh bien! on peut aussi leur fournir de ce son là.
MARIETTE
Vous?
saturnin avec dignité
Moi .. Je viens d'être élevé à un emploi conséquent,
qui nVoctroye de l'estime, de la considération et des
appointemens considérables. Quatre cents francs!
MARIETTE
Par mois?
SATURNIN
Fi donc! par an! et, avec le patrimoine que je pos-
sède déjà, et les leçons que je peux donner...
MARIETTE
Ça fait, en tout?
SATURNIN
Ça fait, en tout... quatre cents francs! car j'attends
encore des élèves! mais, en les attendant, n'aurons-
9
nous pas aussi, dans notre petil ménage, les douze
cents livres de rentes que doit vous donner, pour dot,
votre estimable tante de Paris.
MARIETTE
Voilà justement la difficulté... Mes chers tuteurs de
Montargis sont chargés de me choisir un mari.. Il faut
que je prenne un époux qui leur agrée.,, sans cela...
SATURNIN
Point de dot! Eh bien! nous nous en passerons, de la
dot... n'avons-nous pas une fortune?
MARIETTE
Mais laquelle... laquelle?
saturnin montrant sa clarinette
Ceci! ô Mariette! ce simple morceau de buis! duquel
mon souffle harmonieux fait jaillir des flots de mélodie,
qui peuventdéfîer celle d'Orphée etd'Amphion! Avez-
vous connu Orphée et Amphion, ô Mariette?
MARIETTE
Non...
SATURNIN
C'était les deux plus fortes clarinettes de l'antiquité,
DUO.
SATURNIN
Cet instrument, voilà notre trésor...
Oui, je le jure, ô Mariette,
Chez nous, bientôt ma clarinette
Va faire couler des flots d'orî
10
MARIETTE
Quoi! vous croyez qu'à Monta rgis?
SATURNIN
À Montargis, fi donc!... Nous irons à Paris!
mariettb avec joie
Nous irons à Paris?
SATURNIN
C'est le Pactole d'un artiste...
De mes rivaux je suis vainqueur!
MARIETTE
A vos triomphes, moi j'assiste^
Et je suis fière au fond du cœur.
SATURNIN
A Paris, un grand artiste
Est fêté comme un grand seigneur.
ENSEMBLE
Ah! quelle ivresse!
Tous deux unis,
Vivre à Paris!
Quelle allégresse!
Quel paradis!
MARIETTE
Enfin, j'aurai donc des toilettes!
saturnin
A faire envie aux plus coquettes!
MARIETTE
Une maison?
SATURNIN
Un vrai palais!
Archief van de Stad Brussel
n
MARIETTE
Des domestiques?
SATURNIN
Des laquais!
MARIETTE
Un carrosse?
SATURNIN
Dix équipages!
MARIETTE
Avec livrée?
SATURNIN
A grands ramages!
MARIETTE
El puis le soir?
SATURNIN
Concert et bal!
MARIETTE
Toulelanuit?
SATURNIN
Gai festival!...
ENSEMBLE
Ah! c'est un bonheur sans égal...
La vie est un gai carnaval!
MARIETTB
Riant avenir
D'honneurs, de plaisir,
Ne vas pas l'enfuir!
Ah! pour te saisir
Je voudrais partir!
Je suis peu coquette,
Mais je le soutien,
Un peu de toilette,
Ça ne gâte rien!
Et puis, en voiture,
Glisser mollement,
Y faire figure,
Ah! c'est bien tentant!
Palais,
Laquais,
Concert et bal,
Ah! c'est un bonheur sans égal!
Riant avenir, etc.
ENSEMBLE
Riant avenir, etc.
SATURNIN
Oui, Mariette, nous serons riches! richissimes!.. Et
c'est à la musique que nous devrons tout cela!
MARIETTE
Oh! oui! Ah! mon Dieu! j'entends du bruit!., mais
nous nous oublions, monsieur. Mon oncle et ma tante
vont être prêts. Allez- vous-en!
SATURNIN
Par exemple! Vous ne voulez pas que je renarre les
merveilles de ma clarinette à M. et à Mme Verbois?
MARIETTE
Non! plus tard! Nous avons besoin de nous concer-
ter ensemble.
13
SATURNIN
Mai» quand cela?
MARIETTE
Demain! après-demain! Ou peut-être ce soir même,
quand ils seront sortis.
SATURAI!*
lis sortent donc?
MARIETTE
Sans doute! avec deux éblouissans costumes gothi-
ques! qu'on a tirés tout exprès ce matin de cette vieille
armoire mystérieuse qui récèle, je crois, bien des cho-
ses secrètes! car on la ferme dès que j'approche! aussi,
je suis d'une curiosité !
SATURNIN
A quel gala vont-ils?
MARIETTE
Je Piguore!
SATURNIN
Ah! ils se rendent peut-être au théâtre de Montargis
où dansent ce soir deux célébrités de la capitale.
MARIETTE
Eux! au théâtre! bon Dieu!
SATURNIN
Pourquoi cette exclamation, Mariette?
MARIETTE
A ce soir, M. Saturnin, à ce soir!
SATURNIN
Ici?
14
Mariette avec dignité
Par exemple, monsieur! En l'absence de mon oncle
et de ma tante! la morale s'oppose! et puis, ils m'en-
ferment toujours quand ils sortent.
SATURNIN
Alors... où? comment?
MARIETTE
Vous viendrez là! sous cette fenêtre! et nous cause-
rons...
SATURNIN
De bas en haut!
MARIETTE
Du haut en bas!
SATURNIN
C'est moral, mais c'est bien gênant!
Mariette avec dépit
Après ça, monsieur, si vous ne voulez pas! à votre
aise!
SATURNIN
Oh! si, si! Mariette chérie! dussiez- vous me traiter
du haut en bas! Dussé-je attraper un rhume, un torti-
colis... je subirai tout, je souffrirai tout.
MARIETTE
A ce soir!
SATURNIN
C'est encore bien long! un petit baiser pour prendre
patience.
Mariette se récriant avec colère
Monsieur Saturnin!
15
SATURNIN
Rien qu'un tout petit, petit!
Mariette indignée
Jamais! au grand jamais!.. (Se radoucissant tout à
coup) à moins que vous ne partiez tout de suite.
SATURNIN
Oh! oui!
Il l'embrasse.
«C'ÈSE III.
les mêmes, H. et iMme VERBOIS en grande toilette go-
thique, paraissant chacun à la porte de sa chambre
QUATUOR
M. et Mme VERBOIS
Qu'ai-je vu! Quelle hardiesse!
Un homme embrassant notre nièce!
biariette à part
Hélas! hélas! quelle frayeur!
saturnin saluant avec embarras
Monsieur, madame... j'ai l'honneur..,
VERBOIS
Siècle pervers!
16
ftme VERBOIS
Ab! quelle horreur!
verbois à Saturnin
Répondez-moi! Que signifie?
a*** verbois de même
Monsieur, monsieur, il faut parler!
VERBOIS
Il faut, il faut tout dévoiler!
SATURNIN
A votre arrêt je me confie.
Écoutez-moi, je vais parler.
Mariette à Saturnin
De leur arrêt je me défie.
Mais maintenant il faut parler!
SATDRN1N
Monsieur...
VERBOIS
Honte pour la famille!
saturnin se tournant vers Mm8 Verbois
Madame...
Mmc VERBOIS
Une si jeune fille!
saturnin
Monsieur.
Madame..
VERBOIS
0 siècle débauché!
SATURNIN
Mme VERBOIS
Un semblable péché!
M
SATURNIN 61 MARIETTE
Mais écoulez.. .
M. et Mm0 VERBOIS
C'est un péché!
Un gros péché!
Ah! c'est un énorme péché!
ENSEMBLE
M. et Mmc VERBOIS
Quel horrible scandale!
J'étouffe de courroux!
Quel coup pour la morale!
Ah! tremblez devant nous!
SATURNIN et MARIETTE
Ce n'est point un scandale,
Calmez ce grand courroux!
Au nom de la morale,
De grâce, écoutez-nous!
saturnin criant pour se faire écouter
Un baiser n'est qu'un badinage,
Quand il s'agit du bon motif!
En pareil cas, le mariage
Peut servir de palliatif...
Puisqu'il s'agit du bon motif,
Mariez-nous par correctif.
m. et Mme VERBOIS
Vous marier!
MARIETTE
C'est le jeune homme,
Dont je vous parlais, l'autre soir!
18
SATURNIN
Vous me connaissez... Je me nomme...
VEREOIS
Vousn'avei pas le sou... bonsoir!
BLm* verbois avec dédain
Eonsoir, mon cher! bonsoir! bonsoir!
Mariette à Mme Verbois
Il a maintenant une place...
saturnin à M. Verbois
Une place, même assez grasse!
Mme verbois avec ironie
Voyons donc cet emploi si beau?
VERBOIS
Expliquez-vous... Dans quel bureau?
saturnin se posant avec dignité
(Parlé) Un bureau... à moi! allons-donc!
De nos grands maîtres interprète,
Avec orgueil, je vous le dis,
Je suis première clarinette,
Au théâtre de Montargis!
m. et nme verbois, avec indignation
Clarinette!
SATURNIN
Oui, la première clarinette,
Du théâtre de Montargis!
Mme VERTBOIS
Un homme de théâtre! amoureux de ma nièce!
VERBOIS
Un homme de théâtre! horreur pour ma maison!
19
Mme VERTBOIS
Eussiez-vous de Crésus l'éclat et la richesse,
Vous ne seriez pour moi qu'un suppôt du démon!
SATURNIN et MARIETTE
Écoutez-nous.
m. et Mme VERUOIS
Non, non, non, non!
ENSEMBLE
Quel horrible scandale!
J'étouffe de courroux;
Au nom de la morale,
Ah! sortez de chez nous!
Oui, nous vous chassons de chez nous!
Hors de chez nous!
SATURNIN et MARIETTE
Ce n'est point un scandale,
Calmez votre courroux ;
Au nom de la morale,
De grâce, unissez-nous!
Je tous implore, unissez-nous!
Unissez- nous!
M. cl Mm« Verbois repoussent Saturnin et le font sortir, en
le menaçant, par la porte de droite; puis ils se retournent
avec colère vers Mariette, qu'ils repoussent dans la cham-
bre à gauche.
20
«rÉiE IV.
M. et Mœe VERBOIS
VERBOIS
Un musicien de théâtre!
Mm* VERBOIS
Toujours le théâtre!
VERBOIS
Le fait est qu'à Montargis,dans notre retraite, nous
n'entendons parler que de cela depuis huit jours...
Mme VERBOIS
Ce matin encore... celte petite affiche que Ton a glis-
sée sous notre porte (Elle la tire de sa pocha et la
lit) « Pour les représentations des danseurs de Paris,
«esoir, au théâtre de Montargis : première représen-
tation du célèbre ballet de Flore et Zéphire. *
VERBOIS
Flore et Zéphire! {Soupirant) Ah!
wme verbois de même
Ah!
VERBOIS
Que de souvenirs ce ballet me rappelle!
Archives de la Ville de Bruxelles
Archief van de Stad Brussel m
21
Mme VKRB01S
Oh! oui... jeunesse! amours...
VERBOIS
Triomphes et succès!
M^e verbois avec crainte, regardant autour d'elle
Chut! M. Verbois...
verbois de même
Vous avez raison, Mme Verbois... chut!
Mm* VERBOIS
La moindre imprudence pourrait faire deviner notre
secret...
VERBOIS
iNotre terrible secret... et alors...
Mm* VERBOIS
Et alors... je ne serais pas dame de charité... Un
rêve que je caresse depuis vingt années que nous nous
sommes mystérieusement retirés dans celte province...
VERBOIS
Et moi? on ne me ferait pas marguiller.., ma noble
ambition serait déçue...
Mme VERBOIS
Il y a tant de gens qui convoitent ces deux postes
d'honneur...
VERBOIS
On nous jalouse, à cause de notre fortune...
Mm« VERBOIS
De nos manières de cour... et de nos vertus... on
nous épie..,
VERBOIS
Et lorsque dans le passé... ah!
Mme VERBOIS
Lorsqu'au temps de sa folle jeunesse... oh!
VERBOIS
Si Ton venait à découvrir...
Mme VERBOIS
Vous me faites frissonner!
VERBOIS
Mais non... rassurez-vous... il y a si longtemps...
et puis, c'était en pays étranger...
Mme VERBOIS
N'importe! j'ai toujours peur! oui, je vous le répèle
encore, c'est contre mon gré C'est pour vous obéir
que je me laisse entraîner, ce soir, à cette représenta-
lion...
VERBOIS
Pouvons-nous refuser M. le maire et Mme ja maj_
resse, qui nous choyent et veulent nous avoir dans leur
loge? ce serait impolitique, Mme Verbois...
Mrae VERBOIS
Mais ce serait conséquant, monsieur...
■ VERBOIS
Et puis, pensez-y donc... (Avec transport) Flore et
Zéphire!
Mme VERBOIS
Flore et Zéphire! Ah! M. Verbois, vous êtes unser •
pent tentateur... (Soupirant) Nous ferions mieux de
rester chez nous...
23
VERBOIS
Perdre d'aussi belles toilettes... mais oa va vous
admirer, madame...
aime verbois minaudant avec son éventail
Vous trouvez donc, monsieur?
verbois lui prenant la taille
Que vous êtes à croquer, d'honneur.
Mm* verbois lui donnant un coup d'éventail sur la joue
Taisez-vous, taisez-vous... petit mauvais sujet...
SCÉiMG V.
os mêmes, MARIETTE
Mariette entrant
Ma tante...
Mme verbois faisant un bond
Hein?
verbois de même
Quoi? Que voulez-vous?
Mme verbois avec colère
Vous écoutiez?
Mariette naïvement
J'entre pour vous dire que le carosse de louage que
n
vous avez demandé est en ba?... et vous avez bien fait,
car il pleut à verse. .
VERBOIS
Qu'en dites-vous, madame... puisque le carosse est
en bas?
9Xm* VERBOIS
Allons, partons... Mariette, mon mantelet!
Mariette met le mantelet à sa tante.
VERBOIS
Ali! mon épée, mon «hapeau!
11 va les chercher sur un fauteuil.
mbi« verbois à Mariette
Vous, mademoiselle, rentrez dans votre chambre...
et faites pénitence pour vos péchés... (Montrant la
porte d'entree) Je vais fermer à double tour...
verbois revenant Pépée au côté, tenant son chapeau à
cornes de la main gauche, et offrant la droite à sa
femme.
Madame la patronesse, voulez-vous me permettre...
Mme verbois faisant la révérence
M. le marguillicr, vous me faites honneur...
verbois la regardant avec admiration
C'est, qu'en vérité, madame, vous êtes majestueuse!
Mme VERBOIS
Vertuchou! monsieur... vous êtes flamboyant!
Ils sortent. — On entend fermer la porte d'entrée à double
tour.
423
SCÈNE VL
MARIETTE seule. Ecoutant
Ils nrenfermenl! Ah! ça m'est égal! (Roulement d'une
voiture en dehors) Enfin, les voilà partis! mais où vont-
ils? et quel singulier air ont-ils, ce soir, tous les deux!
(Allant à la fenêtre) Ah! mon Dieu! quel vent! La pluie
qui redouble! Et ce pauvre Saturnin qui va venir! res-
ter dehors! par un si mauvais temps!
COUPLETS
Pauvre garçon! déjà peut-être,
Le cœur brûlant, le corps transi,
Il attend sous cette fenêtre
Que ma voix descende vers lui!
Par ce temps d'orage et de brume,
Je crains vraiment qu'il ne s'enrhume...
Je voudrais lui porter secours...
C'est qu'on peut mourir d'un gros rhume...
Hélas! il pleut, il pleut toujours...
Il pleut bien fort sur mes amours...
Sur la ritournelle, on frappe en rtebera aux carreaux de U
fenêlre.
m
Deuxième Couplet.
Dieu! mais que vois-jeà cette vitre?
Le voilà monté sur le mur!
De son sort je suis donc l'arbitre...
Ne pas ouvrir serait bien dur. ..
Pourtant la démarche est hardie...
Je ne dois pas... je me déûe...
Mais si le feu de ses amours...
Allait s'éteindre sous la pluie?...
Hélas! il pleut, etc.
Elle va à la fcnêlre qu'elle entrouvre. — Saturnin l'ouvre
violemment et s'élance tout trempé dans la chambre.
SCÈNE VII.
MARIETTE, SATURNIN
On voit sa clarinette sous son habit. 11 arpente la scène en
grelottant et en soufflant dans ses doigts.
SATURNIN
Oh! merci, Mariette, merci... Quelle pluie! quel vent
glacial! Une seconde de plus, j'étais figé!
MARIETTE
Pauvre ami!
SATCRNin avec amour
Venez près de moi, Mariette... mais prenez un pa-
27
rapluic... car je suis une vraie gouttière... Approchez-
vous, Mariette!
MARIETTE
Non, monsieur... (Elle s'approche) Vous le voyez. ..
j'ai été bonne, généreuse. J'ai bien voulu vous ouvrir...
mais vous serez sage... bien sage... et vous n'exigerez
rien de plus...
SATURNIN
Oh! Mariette, je suis si mouillé!
Mariette s'approche tout près de lui ; il veut la prendre par
la taille, elle recule aussitôt.
MARIETTE
Je vais me fâcher, monsieur.
SATURNIN
Mais j'ai l'onglée, Mariette. .. (Pleurant presque) Il
est barbare de repousser la main d'une clarinette qui a
l'onglée...
Mariette à part, émue
Il me fait de la peine!
COUPLETS ET DUETTO
Premier Couplet
SATURNIN
Soyez moins sévère,
Plus hospitalière
Pour un pauvre amant
Encor grelottant!
Au mois de décembre,
Quoi! dans cette chambre
Je n'aperçois pas,
De foyer, hélas!
!28
Je n'ai donc, ma chère,
Pour calerifère
Que Tardent amour
Payé de retour...
Souffrez, sans reproche,
Qu'amour nous rapproche,
El qu'à son doux feu
Je me chauffe un peu.
II lui prend la main.
ENSEMBLE
SATURNIN
J'ai froid .. sans reproche, etc.
Mariette à part, émue
Souffrons, sans reproche
Qu'amour nous rapproche,
Et qu'à son doux feu,
11 se chauffe un peu!
SATURNIN
Deuxième Couplet
Voire main charmante
Dans ma main tremblante,
Je le sens déjà,
iMe ranimera!
Elle veut s'éloigner» il la relient.
Ah! restez de grâce,
Car ce froid de glace
Pourrait revenir
Encor me saisir.
Pour qu'il disparaisse
29
Et que je renaisse,
Que vos jolis yeux
Me regardent mieux!
Que j'y puisse lire
Un tendre délire,
Et qu'à leur doux feu,
Je me chauffe un peu.
Elle tourne les yeux vers lui ; il passe son bras autour de sa
taille.
ENSEMBLE.
SATURNIN
Que j'y puisse lire, etc.
Mariette à part
Qu'il y puisse lire
Ce qu'on n'ose dire...
Et qu'à leur doux feu,
Il se chauffe un peu.
Saturnin l'embrasse.
Mariette s'éloignant vivement
Ah! monsieur, c'est affreux! c'est abuser de l'hospi-
talité!
SATURNIN
Pardonnez-moi, ô Mariette! Le froid est mon excu-
se... mais me voilà réchauffé tout à fait. . . et nous pou-
vons causer de notre mariage.
MARIETTE
Avez- vous trouvé quelque moyen de sortir d'embar-
ras?
30
SATURNIN
Peut-être...
MARIETTE
Parlez vite...
SATURNIN
Tout-à-1'beure, j'ai versé mes chagrins d'amour dans
le sein de mon chef d'orchestre... un vieux de talent,
qui a battu la mesure devant pas mal de têtes couron-
nées... Quand j'ai parlé de M. et deMme Verbois, de
leur fureur contre le théâtre, il est parti d'un fou rire
et a prononcé ces paroles solennelles : « Si ces bour-
geois pudibonds s'obstinent dans leur analhème... j'ai
peut-être le moyen de les réconcilier avec le théâtre en
général et avec la clarinette en particulier. »
MARIETTE
Après...
SATURNIN
L'ouverture allait commencer... il a levé son archet...
ctmoi, j'ai levé le pied pour venir à notre rendez-vous...
mais demain..»
MARIETTE
Cela est étrange... car, de mon côté...
SATURNIN
Vous avez trouvé quelque chose?
Mariette montrant une clé
Ceci...
SATCRN1N
Une clé!
MARIETTE
Celle de cette mystérieuse armoire.
Archives de ia Ville de Bruxelles
Archiefvandef
31
SATURNIN
Cest peut-être aussi celle du grand mystère..,
voyous...
I) veut la prendre.
MARIETTE
Mais, monsieur, c'est mal, peut-être...
SATURNIN
Bahî bah! Pamour nous absout d'avance... Voyons,
voyons...
11 lui prend la clé; il va ouvrir l'armoire-
Mariette regardant dans l'armoire avec Saturnin
Oh! les drôles d'habillemens!
SATURNIN
Des costumes de théâtre, Dieu me pardonne!... Un
;asque de guerrier! en satin rose!
Il va le poser sur la table.
MARIETTE
Un chapeau de bergère...
SATURNIN
Des ailes d'amour!
I) les pose aussi sur la table.
MARIETTE
Une houlette!
SATURMN
El il y a quelque chose d'écrit dessus...
MARIETTE
En lettres d'or...
52
sATcmm lisant sur lenianclie de la houlette
« A la divine Zélinde... de la part du roi de Prus-
se. »
«ARIETTE
Zélinde! le roi de Prusse!
SATURNIN
Ah! ah! ah! C'est drôle!
MARIETTE
Ah! ah! ah! C'est drôle!
SATURNIN
Qu'est-ce que cela veut dire?
MARIETTE
Oh! si Ton pouvait entendre ce qu'ils chuchottent
souvent eutre eux.
SATURNIN
Ce serait parfait! nous aurions le mot de la chara-
de! mais cela n'est pas possible!...
On entend le roulement d'une voiture au dehor*.
MARIETTE
Ah! mon Dieu! une voilure s'arrête devant la mai-
son!
— SATCRNIN
Diable!
MARIETTE
On ouvre la porte en bas! ce sont eux! ils rentrent!
Sauve! vous!
SATURNIN
Oui! par la fenêtre!
35
MARIETTE
Ne vous cassez rien!
saturnin qui a regardé par la fenêtre
Mais le damné cocher est justement là dessous!... if
criera au voleur!
11 va pour entrer dans la chambre de Mariette.
MARIETTE
Eh bien! n'entrez pas là! destina chambre!... et ma
réputation!
SATURNIN
Et le corps de garde!
11 court çà et là dans une grande agitation.
Mariette, ouvrant la porte de la chambre de sa tante.
Tenez, par ici!... Oh! non! tfest la chambre de ma
lante!... ce serait encore pis.
| SATURNIN
Ah! dans cette armoire! xNon, c'est trop petit! {Cou-
rant écouter à la porte) Ils montent l'escalier! où me
fourrer?
MARIETTE
Tenez! sous cette table!
SATURNIN
Oui, oui, sous cette table!
11 s'y cache.
MARIETTE
Il était temps! les voilà!
M
«CENE VIII.
SATURNIN caché sous la table, MARIETTE,
M. et M™' VERBOIS
m*c verbois entrant avec colère
C'est une horreur!
verbois de même
Une infamie!
Mme VEBBOIS
Une.... {Apercevant Mariette) Vous ici, mademoi-
selle! Pas encore couchée!
Mariette à part
Comme ils ont l'air fâché.
m. et»me VERBOIS
Répondrez-vous?
MARIETTE
Dame! ma tante! (Apercevant les ailes, le casque et
la houlette qui sont restés sur la table. — A part) Ah!
mon Dieu*
F.IIe se place vivement devant la table de manièreà masquer
les objets.
M. et Mm« VERBOIS
Eh bien! mademoiselle?
MARIETTE
VKRBOIS
Ne suis-je pas Jà?
MARIETTE
JJ? tm-'li pas aussi l™ i« coiffe mou oncle pour la
ame v«rbois
J'ai l'habitude de coiffer M. Verbois.... Allez vous
coucher, mademoiselle. ous
VERBOIS
Et ne faites pas de mauvais rêves!
MARIETTE
Permettez-moi du moins de vous accompagner .us-
qu'à votre chambre. gagner jus-
VERBOIS
Nous restons encore ici... laissez nous!
Mariette à part
Et Saturnin!
M, . ■„ M' el Mm« VERBOIS
Mais allez donc! allez donc!
MARIETTE
JfrTÏSiïV"1 (f parl) S^™ voalaiten-
56
TOUS DEUX
Bonsoir! bonsoir!
Mariette rentre dans sa chambre.
SCÈNE IX.
SATURNIN, Mi et M»« VERBOIS
Mme VERBOIS
Ah! quelle soirée, M. Verbois! quelle soirée!
VERTBOIS
Ne m'en parlez pas, ma chère. J'en suffoque encore
de dépit et de courroux! Votre vertugadin n'est- il pas
des plus coquets?
Mmc VERBOIS
Votre habit n'est-il pas des plus galans?
VERBOIS
N'avez-vous pas la pose la plus noble?
Mme VERBOIS
Ne possédez-vous pas la tournure la plus dégagée?
VERBOIS
Eh bien! a peine assis dans la loge de M. le maire,
la salle se met à chuchotter.
37
Mm' VERBOIS
Des impertinens se tournent de notre côté!
VERBOIS
On nous montre au doigt!
ttmt VERBOIS
On nous rit au nez!
VERBOIS
On nous crie des mots!
Mme VERBOIS
D'une inconvenance!
VERBOIS
Le rideau se lève!
Mmc VERBOIS
Et l'on nous oublie pour le ballet.
VERBOIS
Mais pendant Tentr'acte...
Mme VERBOIS
Les cris redoublent!
VERBOIS
Les quolibets recommencent... impossible d'y tenir.
Mme VERBOIS
Je m'enfuis épouvantée!
VERBOIS
Je vous suis en toute hàle!
Mmc VERBOIS
Et nous voici.
verbois tombant dans un fauteuil
Ouf!
38
Mme verbois de même
Quelle avanie!
VCRBOIS
Quel scandale!
Mme VERBOIS
Celle nuit, je n'en fermerai pas la paupière.
verbois allant à elle
Allons, ma toute belle, allons! calmez-vous! nous
savons ce que nous valons! méprisons ces faquins!
ume verbois soupirant
Oh! la jeunesse d'autrefois!
VERBOIS
Que voulez-vous? tout dégénère!., galanterie! poli-
tesse... et la danse!-.. Avei-vous vu ces danseurs d'à
présent?
Mme verbois
Pas la moindre grâce!
VERBOIS
Pas de moelleux!
Blmc VERBOIS
Pas de ballon!
VERBOIS
C'est maigre!
Mme VERBOIS
C'est mesquin!
VERBOIS
C'est flasque! Il faut dire le mot... c'est flasque!
Mmc VERBOIS
Cette Flore, monsieur... cette Flore*., mais ça dan-
se comme une grisettc!
3<>
VERBOIS
Ce Zéphir, madame, ça voltige comme... un polis-
son!
Mme VERBO(S
Le joli pas de deux du premier acte... l'ont-ils abî-
mé!
VERBOIS
L'ont ils massacré!
Mme VERBOIS
Les barbares!
VERBOIS
Les Visigoths! Ah! que vous étiez belle dans ce pas
là, ma Zélinde!
saturnin à part
Oh! oh! oh! oh!
Mme VERBOIS
Que vous étiez enivrant en Zéphir, mon Floridor!
saturnin de môme
Ah! ah! ah! ah!
VERBOIS
Nous avions les bonnes traditions!
Mme VERBOIS
Les tiaditions de Vestris le grand, notre maître!
VERBOIS
Aussi quels débuis! Pendant deux ans, vous avez ré-
duit les gentilshommes de Berlin à l'insomnie.
Mrae VERBOIS
Pendant deux ans, vousavez lacéré le cœur de* beau-
tés berlinoises.
40
VERBOtS
Ali! que nous étions sémillans! maZélinde!
Mme VERBOIS
Ah! que nous étions légers, mon Floridor?
FINAL
VERBOIS
COUPLETS
Avec mon habit de satin,
Quand je voltigeais en Zéphire,
Tout le beau sexe de Berlin
M'applaudissait avec délire.
On s'écriait : qu'il est bien fait?
Il fallait bien que je le crusse,
Et d'orgueil mon cœur bondissait.. .
Quand je dansais pour le roi d'Prusse?
Mm* VERBOIS
Deuxième Couplet.
On m'écrasait sous les bouquets;
Dès que la pièce était unie,
Dans ma loge je recevais
La fleur de l'aristocratie.
J'aurais pu choisir pour époux,
Comte, marquis, ou prince russe,
La cour était à mes genoux...
Quand je dansais pour le roi d'Prussei
VERBOIS
DUO.
De la scène
Archives de ta Ville de Bruxelles
ArchiefvandeStadBrussel ,
41
Vous étiez reine?
mmt VERBOIS
Vous étiez roi par les talens?
ENSEMBLE.
Doux souvenir de mes beaux ans
En moi ramène
Le printemps!
VEBBOIS
Je vous vois encore
Ma divine Flore,
Fraîche comme aurore
Dormant à l'ombre d'un bosquet,
**" verbois se plaçant sur un canapé et faisant mine de
dormir
Comme cela!
verbois en extase
Parfait! parfait!
Voltigeant.
J'approchais, Zéphire volage^
Et de mon aile j'effleurais
Les roses de votre visage.
aime verbois se levant
A l'instant je me réveillais!
verbois
De mon bras je vous enlaçais.
Mme VERBOIS
Et nous daosions alors ce pas qui faisait rage!
Elle chante en faisant le pas,
La la la,
La la la.
verbois de même, dansant
La la la,
La la la,
Ah! c'est bien cela!
La la la.
nme verbois chantant et dansant
Que de grâce!
verbois de même
A mon tour je passe!
La la la.
Mme VERBOIS
C'est divin!
VERBOIS
Je prends votre main.
Je la tiens! quel plaisr j'éprouve!
Mme VERBOIS
Je retrouve
Mes doux élans!
ENSEMBLE
Ah! vraiment je n'ai que vingt ans.
Doux souvenir de nos beaux ans,
En moi ramène le printemps!
La la la la la la,
La la la la la la.
Mme verbois essoufflée
Chanter! danser! tout à la fois,
Cela va nous mettre aux abois.
43
VERBOIS
I! nous faudrait, ô ma poulette,
Pour terminer ce pas divin,
Le doux solo de clarinette
Qui nous mettait si bien en train.
saturnin à part
Tiens! je l'ai justement répété ce matin.
verbois dansant el chantant
La la la la la la.
Mœc verbois de même
Je m'en souviens, oui, c'est cela.
La la la la la la.
Tout à coup la clarinette continue le motif sous la table.
u. et aime verbois stupéfaits, mais entraînés par
la danse
Mais qu'entends-je là?
Oui, cet air-là!
C'est bien cela!
Que signifie?
Quelle magie!
Ab! c'est ici!
Oui,
C'est ici!
Saturnin se montre sous le tapis, lève la lubie avec lui et
continue tranquillement à jouer.
m. et aira€ verbois l'apercevant
Ah!
ENSEMBLE
Un homme... quelle frayeur!
Je me sens mourir de peur!
C'est un malfaiteur!
Criant.
Au voleur!
Au voleur!
se Ext: X.
lesmêues, MARIETTE
MARIETTE
Quels cris! Calmez celte frayeur!
Non, non, ce n'est pas un voleur!
C'est le tendre ami de mon cœur!
SATURNIN
Calmez, calmez cette frayeur!
Non, je ne suis pas un voleur!
Car je n'ai volé que son cœur!
VERBOIS
Encor vous, monsieur, prenez garde!
Mme VERBOIS
Nous allons appeler la garde!
SATURNIN
Elle m'adore! exaucez-nous!
Il faut me nommer son époux!
m. et Mme VERBOIS
Jamais! jamais! hors de chez nous!
m
satcrnik passant au milieu
(Motif des Couplets)
Pourquoi serais-je rebuté,
Lorsque mon âme l'idolâtre?
Pourquoi tant de sévérité
Envers l'amour et le théâtre?
Au pauvre amant déshérité
Il faut passer un peu d'astuce,
Et montrer plus de charité
Quand on dansait pour le roi d'Prusse!
m. et Mme verbois avec effroi
Pour le roi de Prusseî
Mariette faisant la révérence et présentant à Verbois
la houlette
Pour le roi de Prusse!
saturnin saluant et présentant à Mm" Verbois les ailes
de Zéphire
Pour le roi de Prusse!
Gainent
Oui, vous nous marierez
Et vous nous doterez.
m. et aime verbois se récriant
Non pas!
SATURNIN
Alors, la clarinette
Ne sera pas muette!
Elle bavardera!
Partout elle dira..,
46
verbois vivement, avec frayeur
Taisez-vous!
Mme verbois de même
Tout s'arrangera!
SATURNIN
A notre hymen, ah! Ton vous fêtera,
Chacun de vous y dansera,
Et répétera :
Motif du pas de Ballet
SATURNIN et MARIETTE
La la la la là,
Plus de peine!
En voyant nos enfans conlens,
Doux souvenir de mes beaux ans,
En moi ramène
Le printemps!
ENSEMBLE
Plus de peine! etc.
FIN.
Archives de la Ville de Bruxelles
ArchiefvandeStadBrussel ,
i
22™ ANNÉE.
Le Bijou Perdu.
Le Nabab.
La Pierre de Touche
Louise de Nanteuii
Romulus
Georgelte
Les Erreurs du Bel Age
Mon Etoile
Un Cheveu Blanc
Betly
La Joie Ait Peur
La Crise
Deux Profonds Scélérat?
La Vie en Rose
Le Gendre de M. Poirier
Le Laquais d'Arthur
Les PapillottesdeM. Benoît A proposdu Du
La Promise Delà Lumière s'il vous Plaît
Où Passerai- je mes SoiréesLes Brigands
La Partie de Piquet
Elisabeth
Mi lord Duc
Une Femme en Quatre
L'Etoile du Nor
L'Epave
La Fiancée du Diable
Breydel
LesConsullations delo:risse
Comme unChiendansunJeu
Le Mariage du Capucin
Le Testament du Czar
Mêlez-vous de vos Affaires
Un Enfant dé Bruxelles
Les Amis et les Ennemis
Un Provincial qui se Forme
Sans Dot
Le Choix d'un Etal
Le Fauvette
Altôeou l'Ange du Foyer
Ginesla
Marguerite
Un Tour de Grand Seigneur
Docteur Wespe
140 VOLUMES
DU PANTHÉON CLASSIQUE ET LITTÉRAIRE
20 centime:
LE VOLUME AU CHOIX.